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Nous nous souvenons

Image of the Dec 6 poster in English and in French.

Le 6 décembre 1989, un acte insensé de violence ciblée—une tragique fusillade qui a enlevé la vie à 14 femmes. Cette violence a été perpétrée simplement parce qu’elles étaient des femmes qui étudiaient dans un domaine d’études stéréotypé, dominé par les hommes. En cette journée, nous nous souvenons de Geneviève Bergeron, Hélène Colgan, Nathalie Croteau, Barbara Daigneault, Anne-Marie Edward, Maud Haviernick, Maryse Laganière, Maryse Leclair, Anne-Marie Lemay, Sonia Pelletier, Michèle Richard, Annie St-Arneault, Annie Turcotte et Barbara Klucznik-Widajewicz.

Le 6 décembre est la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes, qui comprend les16 jours d’activisme menant au 6 décembre. Plus que jamais, la violence sexiste touche de façon disproportionnée les femmes et les filles et empire alors que la pandémie de la COVID-19 accentue les insécurités économiques ainsi que le stress qui en découle, l’isolement social et les femmes en confinement avec leur agresseur alors qu’elles sont privées de services de soutien social.

Les groupes qui se butent à de multiples obstacles, comme les Autochtones, les personnes de couleur, les personnes handicapées et les personnes LGBTQ2SI, peuvent se trouver déjà dans une situation économique difficile et dépendre de leur agresseur. La COVID-19 rend la situation plus difficile pour les femmes et les enfants qui veulent quitter et accéder aux soutiens critiques, puisqu’ils sont sous la surveillance constante de leur agresseur. Les femmes ont besoin de plus de soutien afin d’être plus fortes du point de vue économique, les habilitant à être plus indépendantes de leur partenaire. Nous pouvons y arriver en libérant davantage de fonds de programmes gouvernementaux, en offrant plus d’options pour le renforcement des capacités et l’équité salariale en milieu de travail et en donnant un accès immédiat à une meilleure protection économique.

Alors que la distanciation sociale s’accentue dans le but de réduire la propagation du virus, les femmes qui vivent avec un partenaire violent sont plus à risque et plus vulnérables puisqu’elles sont isolées des services sociaux et des soutiens naturels provenant de la famille et des amis. Des conditions de vie confinées, l’isolement social et le manque de services ont entraîné une hausse de la violence familiale. Les abris pour femmes sont presque complets alors que le nombre de places est limité, ce qui fait en sorte qu’il est plus difficile pour les femmes d’accéder à une aide immédiate. Il y a un besoin critique pour un plus grand nombre de places dans les abris pour femmes, pour plus de logements abordables essentiels, plus de soutiens accessibles comme le counseling en ligne et les lignes d’aide téléphoniques, de services de garde et un signalement sans danger puisque bon nombre vivent sous la peur que leur partenaire violent risque de les entendre. Nous devons également reconnaître les plus fortes demandes liées aux soins prodigués à un membre de la famille et aux responsabilités ménagères en situation de distanciation sociale, puisque cela ajoute un stress supplémentaire aux familles déjà à risque.

Bien que des organismes de base, comme les campagnes Ruban blanc et Moose Hide, aient enseigné la sensibilisation, il reste beaucoup à faire pour atteindre l’égalité entre les sexes. La Convention-190 de l’Organisation internationale du travail stipule clairement que la violence et le harcèlement au travail doivent être abordés et les employeurs se doivent d’inclure des politiques sur la violence et le harcèlement lorsqu’ils gèrent la santé et la sécurité en milieu de travail pour aider à éliminer la violence sexiste dans nos lieux de travail. À titre de membres d’un syndicat, nous devons appuyer le projet de loi C-190, parce que le féminicide est réel et il est de notre responsabilité de travailler vers une plus juste égalité, où toutes et tous ont une voix. La violence sexiste continue d’être omniprésente dans notre société. Nous avons tous un rôle à jouer dans l’enseignement du respect et de la saine masculinité aux garçons et aux filles, y compris le démantèlement des stéréotypes fondés sur le sexe et l’engagement envers des mesures pertinentes pour faire en sorte que des tragédies comme le féminicide du 6 décembre à l’École Polytechnique de Montréal ne se répètent jamais.

De l’équité en résulte l’égalité

About Lisa Mongrain
Lisa Mongrain est la vice-présidente du Comité provincial du statut de la femme.

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